Le projet d’agglomération

Nous avons construit ensemble un projet d’agglomération à la fois ancré dans la réalité de notre territoire, conscient de ses forces et de ses faiblesses, en même temps que nous l’avons inscrit dans la modernité des enjeux auxquels nous sommes d’ores et déjà confrontés. Face aux évolutions rapides du monde, nous n’avons plus le temps de tergiverser. Il nous faut faire des choix forts : les nouvelles mobilités, la préservation de l’environnement et de nos ressources, la transition énergétique, un développement économique responsable, l’ouverture au monde et la connectivité du territoire sont les champs d’avenir dans lesquels nous voulons investir. Grand Chambéry doit pouvoir relever ces défis et bâtir un territoire où l’ensemble de ses habitants peut y trouver sa place et s’épanouir.

 

Et maintenant ?

Le suivi et l’évaluation des objectifs
Notre projet constitue un cap, à l’horizon 2030, vers lequel nous voulons orienter notre agglomération. Certains des objectifs que nous nous sommes donnés sont ambitieux voire radicaux. L’évaluation de notre progression vers les objectifs que nous nous sommes donnés doit nous tenir en tension et guider notre feuille de route. Chaque année nous nous rencontrerons pour tirer les enseignements et mettre en évidence les succès mais également les freins de la mise en oeuvre de notre projet.

La concertation, un mode de gouvernance à pérenniser
Pour ce projet, la concertation nous a apporté une formidable richesse en termes de propositions, et un véritable élan pour notre agglomération. Cette valeur ajoutée nous la préserverons durant toute la mise en oeuvre du projet en nous appuyant sur le Conseil de Développement dont la composition est une émanation du panel citoyen et des membres des chantiers de la Fabrique qui se sont fortement investis dans la démarche et qui ont exprimé leur souhait de poursuivre cet engagement. Le Conseil de développement est une instance de démocratie constituée de citoyens bénévoles, de représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs. C’est sur lui que nous nous appuierons, année après année, pour évaluer, infléchir et alimenter notre vision, nos objectifs et nos politiques pour l’agglomération.

LES ORIENTATIONS DU PROJET D’AGGLOMÉRATION

Un périmètre étendu

À l’heure des réformes territoriales successives, du regroupement des régions, de la création de communes nouvelles et de la fusion entre intercommunalités, la question de la pertinence des périmètres géographiques se pose avec encore plus d’acuité.  L’échelle pertinente restera-t-elle demain celle que nous connaissons aujourd’hui ? Devrons-nous repenser notre territoire d’action, pour aller plus loin, en s’alliant avec d’autres collectivités ? Cette question, qui a largement alimenté les débats au cours de la phase de bouillonnement d’idées, ouvre clairement sur l’opportunité de créer une grande agglomération Grand Chambéry – Grand Lac, fondée sur le “bassin de vie naturel“ des habitants de notre territoire même si cette idée rencontre des réticences.
Métropole Savoie aura la responsabilité d’organiser les transports sur son périmètre.

Depuis le 1er janvier 2017 l’agglomération s’est élargie au cœur du massif des Bauges. Ce massif a su préserver et promouvoir ses spécificités patrimoniales et humaines notamment par la création du Parc naturel régional des Bauges.  L’enjeu du projet d’agglomération consiste maintenant, au sein d’un même ensemble institutionnel, à renforcer les complémentarités et les synergies entre nos deux espaces de vallée et de montagne. Le cœur du massif des Bauges constitue en lui-même un centre de vie, le conforter doit faire partie de nos objectifs. La question des communes nouvelles (fusion de communes) par logique de fonctionnement territorial apparait d’actualité.

De nouvelles compétences

L’élaboration du projet d’agglomération questionne également la relation entre les collectivités membres de Grand Chambéry, c’est-à-dire les communes et l’agglomération. Si la Cité des Ducs porte les grands équipements et les services de centralité nécessaires au fonctionnement de toute l’agglomération, les communes de la première couronne et celles plus rurales apportent proximité et attractivité résidentielle. La complémentarité est évidente. Dans quel cadre doit-elle se développer ? L’agglomération à l’horizon 2030 doit-elle envisager la prise de nouvelles compétences, comme la culture, le sport, les services à la personne ? Des questions qui interrogent notre organisation territoriale, pour qu’elle accompagne efficacement l’action de l’agglomération et qu’elle soit la mieux adaptée possible aux attentes des citoyens. Il s’agit également de développer les liens de proximité entre Chambéry et ses habitants.

Une agglomération ouverte

Ce projet d’agglomération doit aussi être un projet ouvert aux territoires voisins, partenaires naturels au sein d’un même bassin de vie. Dans un contexte de mondialisation accrue, la coopération est vitale pour les citoyens, pour qui les limites administratives n’existent pas comme pour les entreprises, afin de favoriser un développement économique encore plus dynamique.
La question du périmètre élargi conduit aussi à interroger la relation qui existe entre notre agglomération et ses territoires de proximité : Grand Lac, Cœur de Savoie, l’Avant-Pays savoyard, les massifs des Bauges et de la Chartreuse… Comment lier des coopérations fructueuses et adaptées avec chacun de ces territoires, comment rendre utiles ces relations ? Réfléchir ensemble au territoire de demain, c’est préparer le grand rendez-vous du pôle métropolitain du Grand Annecy – Grand Chambéry.

Notre position géographique est un atout. À 45 minutes de deux aéroports internationaux, nous sommes surtout au carrefour alpin de l’Europe, point focal de quatre métropoles : Genève, Lyon, Grenoble et Turin. Le Lyon-Turin, pour lequel le fret doit être la priorité (sans oublier pour autant la dimension voyageur), incarne ce positionnement stratégique et le renforce puisqu’il sera facteur d’attractivité. Nous devons nous saisir de cette question du positionnement de notre agglomération pour en faire un levier de développement encore plus structurant.

Une agglomération à taille humaine

Notre territoire bénéficie d’un cadre de vie très privilégié : lac et montagnes, espaces ruraux et urbains. Notre atout : être une agglomération à taille humaine. Disposer de tous les avantages d’une métropole sans en avoir les inconvénients, c’est une chance qu’il nous faut préserver. Notre territoire est contraint géographiquement ce qui nous impose une exigence d’équilibre entre dynamisme économique, logement/espaces de vie et espaces naturels / espaces agricoles.

Une agglomération mobile et connectée

L’ouverture au monde et l’accès aux pôles de développement européens et régionaux sont une nécessité. La mobilité s’invite et s’impose comme un facteur majeur du développement et de la qualité de vie de l’agglomération. Nous devrons amplifier l’ambition et l’innovation pour une mobilité alternative à la voiture individuelle. À nous d’innover avec le transport par câble et le développement d’une mobilité “numérique“, de favoriser les modes doux, les modes alternatifs (auto-partage, covoiturage) comme les transports en commun. L’offre doit être adaptée aux besoins de tous les publics, particuliers comme entreprises. La mobilité concerne également l’ouverture vers les territoires voisins et principalement sur l’axe ferroviaire cadencé Annecy – Aix-les-Bains – Chambéry – Montmélian – Grenoble. L’accessibilité de l’agglomération sert son rayonnement et la mobilité renforce le lien social au sein de notre espace de vie.

Une agglomération innovante

Notre territoire a besoin d’activité et d’emplois. Située au cœur d’un espace économique de premier plan national et même européen, Grand Chambéry bénéficie d’une situation très privilégiée. Encore faut-il que nous soyons porteurs d’une véritable stratégie, que nous sachions accompagner les grandes mutations de l’économie. Nous aurons à soutenir l’évolution de notre tissu industriel traditionnel qui a su traverser les grandes crises récentes et s’adapter au contexte concurrentiel de plus en plus fort. Nous devrons confirmer le choix déjà engagé d’une spécialisation sur des secteurs stratégiques qui nous différencie : les énergies renouvelables, le numérique, l’aménagement et l’équipement de la montagne, l’outdoor, le tourisme, l’agro-alimentaire par exemple. Il nous faudra résolument nous engager encore plus fortement dans la numérisation de l’économie et le secteur du digital. De part son positionnement notre section du Sillon Alpin doit être l’espace naturel d’accueil et de développement des startups inventant l’économie de demain.

Mais l’économie c’est aussi une question d’activités et d’emplois locaux. Le développement de l’économie sociale et solidaire de notre territoire fait partie de cette dimension locale qui œuvre à l’utilité sociale et contribue à la création de relations plus étroites entre habitants et acteurs locaux. Il nous faudra soutenir cette grande richesse de projets portés par les entreprises et les associations.

L’agglomération dispose également pour son développement d’un atout majeur : son potentiel touristique. La diversité des terroirs, des ressources naturelles et patrimoniales, des activités outdoor estivales et hivernales (entre lac et montagne), le tourisme culturel, de santé et de bien-être ou encore le tourisme d’affaires sont autant de voies de développement possibles et complémentaires. Elles doivent contribuer à faire du territoire une véritable destination touristique en toute saison.

Une agglomération de la connaissance

Disposer sur notre territoire d’une université, d’établissements d’enseignement supérieur, de centres de formation et de recherche aux nombreux cursus professionnels reconnus, est une véritable opportunité. Faire de cette offre de formation un levier du développement de nos entreprises et de nos activités est un objectif qu’il nous faut poursuivre. C’est notamment le partenariat avec l’Université Savoie Mont Blanc et tous les organismes d’enseignement supérieur qu’il nous faudra renforcer à l’échelle des deux Savoie. Le dynamisme de notre offre de formation pourra être un facteur de différenciation vis-à-vis d’autres agglomérations. La formation est essentielle pour accompagner les évolutions de la société et du monde du travail en créant des formations spécifiques adaptées aux besoins locaux et aux secteurs économiques d’avenir que nous avons ciblés.

Une agglomération responsable et durable

Comment penser 2030 sans préserver la qualité de nos ressources : l’eau, l’air, l’environnement ? Nous devons concevoir nos objectifs de développement de façon plus vertueuse, moins consommatrice de ressources, moins impactante pour notre environnement. Penser l’agglomération de demain, c’est construire un développement plus responsable dans la voie de la transition énergétique, de l’économie circulaire, de la préservation de nos espaces naturels, agricoles et forestiers et d’une meilleure adaptation au changement climatique.

Cette voie est une nécessité en même temps qu’elle représente une réelle opportunité pour la vitalité, la création d’emplois et l’attractivité de notre territoire. Depuis de nombreuses années, notre agglomération est une terre d’innovation en matière de développement durable, dont l’Institut National de l’Énergie Solaire est le témoin le plus emblématique. D’autres initiatives d’ampleur ont été lancées : les démarches Territoire à Énergie Positive et Zéro déchet Zéro gaspillage, le Plan Local pour la Qualité de l’Air (PLQA), le Schéma de cohérence territoriale, le Plan Climat Air-Énergie Territorial (PCAET), la charte forestière et le schéma agricole avec le développement des circuits courts…

Notre territoire doit continuer à anticiper ce que seront les énergies nouvelles. C’est le cas à travers l’expérimentation « B’Eeau Lac » et Zero Emission Valley au profit du développement de la filière hydrogène énergie.

Le Plan Local d’Urbanisme intercommunal Habitat et Déplacement (PLUi HD) mené conjointement à l’élaboration du Projet d’agglomération permet de confirmer ces orientations ambitieuses en faveur d’un développement équilibré, d’un aménagement innovant, durable et de qualité. Il anticipe ce que sera le SCOT.

Cet équilibre du développement, respectueux des ressources et du cadre de vie, doit être plus encore, à l’avenir, un marqueur permanent de notre action.

Une agglomération inclusive

Grand Chambéry, c’est aujourd’hui plus de 137 000 habitants qui partagent un même espace de vie. Nous devrions être 23 000 de plus en 2030 : un défi pour notre agglomération. Aujourd’hui, le vivre-ensemble est parfois mis à l’épreuve : individualisme, insécurité, disparités de richesses et d’accès à l’emploi, au logement et aux services, exclusion, discrimination, isolement et cloisonnement entre les générations… Nous devons redoubler d’efforts et d’idées pour créer les conditions du vivre ensemble de demain.

Imaginer une offre de logements nouvelle et adaptée à la diversité de nos besoins actuels et futursnos modes de vie évoluent et nous poussent à concevoir de nouvelles formes d’habitat. Il nous faudra trouver des idées nouvelles comme des logements modulables ou adaptables aux différentes étapes de la vie.

Faciliter l’accès au logement : si la diversité de l’offre de logement est un enjeu, son accessibilité l’est tout autant. Parmi d’autres facteurs, le prix de l’énergie joue un rôle central. La rénovation des bâtiments énergivores et la construction de bâtiments économes en énergie sont des leviers indispensables sur lesquels nous devrons agir. La diversification des sources d’énergie constituera l’un de nos atouts.

Concevoir un urbanisme à visage humain, c’est-à-dire un aménagement urbain qui favorisera le vivre ensemble et qui contribuera à créer des espaces de vie, des espaces publics animés et accessibles à tous. La densification urbaine, nécessaire pour stopper la consommation foncière, devra être harmonieusement articulée aux composantes de l’espace urbain : les espaces verts, les services de proximité, les services de mobilité, les espaces d’activités… Autant que nous pourrons le faire, il faudra reconstruire la ville sur la ville et organiser un développement de l’habitat dans l’espace rural qui permette d’accueillir de nouvelles activités et de conforter le lien social.

Favoriser les initiatives et la participation citoyenne : la cohésion sociale est également une question d’implication des habitants, des citoyens dans la vie de leur territoire. Favoriser l’initiative qui contribue à la mobilisation des populations les plus fragiles, solliciter le regard et la contribution des habitants aux projets du territoire et finalement mieux produire ensemble les changements dont notre agglomération a besoin, sont autant d’objectifs qu’il nous faudra poursuivre.

Intégrer les seniors dans les mutations de notre société : si la question de la place des seniors dans notre agglomération se pose dès aujourd’hui, qu’en sera-t-il lorsqu’en 2030, 30% des habitants de l’agglomération auront plus de 60 ans ? Une société de plus en plus numérisée, le besoin accru de services liés à la santé et à la dépendance, les ruptures dans le parcours de vie des personnes âgées et le souhait de se maintenir à domicile, sont autant d’évolutions de notre société pour lesquelles nous avons à définir nos propres réponses pour le territoire. Il ne faut pas les concevoir uniquement pour les seniors, mais bien pour l’ensemble de la société, en jouant notamment sur le renforcement de la solidarité et des liens entre les générations.

Promouvoir l’insertion économique : le contexte économique nécessite une forte capacité d’adaptation individuelle et collective. Mais nous ne sommes pas tous égaux face aux évolutions de l’emploi et des métiers. La diversité des parcours professionnels est une nécessité et il est de notre responsabilité collective de les proposer, que ce soit dans l’entreprise ou dans des structures relevant de l’Économie Sociale et Solidaire.

Renforcer l’accès à la culture : la culture est un formidable vecteur de développement personnel et de lien social. Mais pour cela, elle doit être accessible dans tous les sens du terme : physiquement, économiquement, géographiquement et dans la diversité de ses contenus. Elle sera d’autant plus accessible qu’elle sera proposée dans un cadre d’ouverture et de mixité des publics. Enfin, le lien social trouvera également sa pleine expression dans la création et la vie culturelle portée par les habitants eux-mêmes.

S’assurer d’un niveau d’accès aux services équitable pour tous : notre qualité de vie est très dépendante de la présence des services et de leur facilité d’accès. Là aussi nous avons à être vigilants à ce que notre agglomération soit garante du bon accès à ces services. C’est notamment le cas pour les habitants des espaces ruraux ou des quartiers urbains, pour les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite, pour les jeunes en difficulté, pour les personnes éloignées de l’emploi…